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 Des questions et de la haine ? | OS Yaoi Shizaya.

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MessageSujet: Des questions et de la haine ? | OS Yaoi Shizaya.   Mar 2 Juil - 8:48

Il y a des jours avec, et des jours sans. Ce jour-là n’est pas le meilleur exemple qui soit. Des yeux carmin se promènent un peu partout, pour découvrir – pour le peu qu’il y a à voir – une piaule misérable, dans un bâtiment délabré où il n’y a pas âme qui vit, d’un quartier peu fréquenté et peu fréquentable. La pièce où il se trouve n’en est même plus une. Les murs sont cassés, en miettes sur le sol, seul la base du mur est encore présente. Le parquet présente plusieurs planches manquantes et d’autres à moitiés dévoré par les mites. Il n’y a pas le moindre meuble. Ce n’est pas une maison où vivre, mais l’endroit idéal pour faire quelques petites choses illégales. Quelques hommes sont sur les lieux, tous sur leur trente et un, mais sans la cravate ou le nœud papillon. Allez savoir pourquoi. Ils n’ont pas l’air très commode et prêt à coopérer dans le plus grand calme. Un coup est donné, du sang tâche le bois, un grognement est étouffé. En soi, un jour tout à fait normal à Ikebukuro. A l’exception que la présente victime est un certain informateur que personne ne regrettera ou alors très peu de personnes et pour peu de temps. Ce n’est pas la première fois qu’il se retrouve dans une situation pareille, le seul souci est la requête des personnes qui le détiennent ici et le cajole un peu brutalement.

« Appelle Shizuo Heiwajima sur le champ. »

Ces gens auraient-ils perdu la raison ? Ils n’arrêtent pas de le supplier de façon peu délicate de dire à ce protozoaire de ramener sa fraise ici. Mais pourquoi diable Shizu-chan ? Et pourquoi viendrait-il parce que l’informateur le lui demanderait ? Peut-être pour avoir une chance de mettre fin à sa vie depuis le temps qu’il attend ça. Et encore, même si le blond est très stupide et ne réfléchit pas avant d’agir – ou plutôt ne connait pas le mot réfléchir – Izaya sait qu’il ne viendrait pas là la tête baissée juste pour la haine qu’il ressent pour lui. Il s’attendrait surement à un piège bien que peu de choses terrifient l’ex-barman. Dans tous les cas, demander à Izaya d’appeler Shizu-chan pour lui dire de venir, c’est comme chercher une aiguille inexistante dans une botte de foin. Juste impossible et inimaginable. Le prisonnier leur avait pourtant dit, répété et répété encore, que cela ne servait à rien, que s’il voulait le blond, ce n’était pas à lui qu’il fallait s’adresser. Plutôt à Shinra, ou plus fort encore, le petit frère de Shizu-chan : Kasuka. Là, ils auraient été sûrs qu’il arriverait en deux secondes. Mais bien sûr, rien n’y faisait, impossible de les raisonner. Alors après s’être fait frappé pour la énième fois, il se décide à prendre son portable et à composer le numéro du blond. Il porte l’appareil à son oreille et attend que cela décroche.

« Shiiiizu-chan ~ ! Aucune réponse. Ah s’il te plait, ne me fais pas ce coup-là, j’ai besoin de ton aide !
- Et dis-moi pourquoi ô grand pourquoi je devrais te rendre service plutôt que de t’expédier en enfer ?
- Peut-être parce que tu n’as pas tellement le choix ? Oh, que dis-je, bien sûr que si ! Sauf que quelqu’un risque de prendre ta place !
- Que veux-tu dire ?
- Eh bien vois-tu je suis actuellement … Eh !
»

Le téléphone lui fut arraché des mains, et l’un des hommes qui le gardaient prisonnier ici prend l’appareil contre son oreille et continue la discussion.

« Heiwajima-san, je vous conseille de venir immédiatement si vous ne voulez pas voir la vie d’Orihara se terminer ici et maintenant. »
- … Pourquoi je ferais une chose pareille ? Me prenez pas pour un con, j’sais même pas qui vous êtes.
- Il y a peu de temps, vous vous en êtes pris à l’un des nôtres, aujourd’hui nous voulons vous faire payer pour cet affront. Et nous savons, de source sûre, que vous ne voulez en aucun cas voir votre ami mourir à cause de vous.
- Eh bah va falloir revoir vos sources mon vieux !
Intervient Izaya, qui se prend directement un coup qui le fait gémir de douleur assez bruyamment.
- La ferme toi. Alors, Heiwajima-san ? Je vous laisse une demie heure pour venir à l’adresse que je vais vous communiquer. Avez-vous de quoi noter ?
- Pas besoin.
»

La conversation téléphonique s’arrête une fois que l’homme donne l’adresse à Shizuo. Maintenant, ils n’ont plus qu’à attendre qu’il arrive pour se faire plaisir. Le brun allongé par terre soupire un bon coup, savant parfaitement qu’il ne viendrait JAMAIS à son secours. Il n’a pas que ça à faire, et Izaya est de loin la personne qu’il déteste le plus au monde. Il doit à présent patienter. Attendre que les trente minutes passent pour voir sa vie se terminer. Oui, il attend que la mort arrive. Un nouveau soupir s’échappa d’entre ses lèvres pleines de son sang qui laisse un goût métallique sur sa langue. Comme s’il allait se laisser crever ici, assassiné par des gens qu’il ne connait pas, juste parce qu’ils veulent régler leur compte avec Shizu-chan. Il ne faut pas trop rêver dans la vie non plus. C’est alors que l’informateur ferme les yeux pour permettre à son cerveau de réfléchir pleinement. Se concentrer, et trouver une échappatoire. N’importe laquelle. Tant qu’il se sort vivant de là-dedans. Et une fois qu’il sera sorti de là, il fera payer à ses abrutis qui ont cru pouvoir se mesurer à plus fort que soi. Mais il faut voir la vérité en face, il est le premier à s’être fait avoir. Assommé sans s’être rendu compte de la présence derrière lui puis transporter dans ce lieu inconnu et attaché, prit comme un otage inutile. Pathétique. Il s’était fait prendre comme un débutant, et ça ne lui plait pas du tout.

Des rires lui font ouvrir les yeux. Plusieurs hommes sont autour de lui, l’un d’eux s’abaisse au niveau d’Izaya et lui empoigne les cheveux pour le redresser, au moins qu’il soit sur ses genoux. Il gémit de douleur et regarde les hommes avec un air de dégoût et de méprise totale. Il se questionne sur ce qu’ils comptent lui faire, et le sourire qu’il peut voir sur leurs visages le répugnent au plus haut point et ne le rassure absolument pas. Il craint le pire. Et il a bien raison de le faire, car l’un d’eux laisse balader ses mains sur le corps de l’informateur qui blêmit en frissonnant d’horreur, comprenant rapidement leurs intentions. Izaya se débat, tente de défaire ses liens de ses poignets mais rien à faire, les cordes sont trop serrées. Si seulement il pouvait attraper l’un de ses canifs. L’homme passe sa main le long du torse du brun, puis la glisse sous son pull fin pour caresser sa peau très agréable au toucher, il ne manque pas l’occasion de le faire remarquer, ce qui le fait grogner. Il continue son petit jeu et vient caresser les deux bouts de chairs d’Izaya qui essaie de lui assener un coup de pied mais sa tentative échoue lorsque l’un des autres hommes attrape sa cheville. Et alors quoi ? Il va se faire violer sur place en attendant un Shizu-chan qui n’arrivera pas ? Il leur fera définitivement payer. Son pantalon se fait déboutonner par un autre, alors qu’encore un autre s’empare de son visage et l’approche de sa braguette qu’il ouvre sans honte. Izaya est profondément dégoûté et humilié, une boule se forme au fond de sa gorge, il réprime son envie de pleurer de rage.

C’est là que du bruit se fait entendre, faisant pivoter plusieurs têtes. La porte est tombée par terre, laissant à tous le plaisir de voir le nouvel arrivant, celui que tous attendait, même Izaya bien que jamais il ne l’avouerait. Un Shizu-chan est murmuré qui fait froncer les sourcils au principal concerné mais qui les fronce d’avantage en remarquant la position dans laquelle se trouve celui qu’il est apparemment venu secourir. Il se retient de se jeter à leur gorge et de tous les tuer, serrant fortement les poings, à s’en blanchir les jointures. A ses lèvres on peut voir une cigarette à peine consumé, mais qui malheureusement ne sera jamais terminé, car il la prend entre deux doigts et la brise en deux et la jette par terre avant de l’écraser pour l’éteindre. Il met ses mains dans ses poches et fait quelques pas à l’intérieur, se rapprochant du groupe d’hommes inconnus. Ces derniers relâchent Izaya, qui lui est ravi de cela, après tout ça l’évite de terminer violer et mort dans un immeuble désaffecté où personne ne trouvera son corps. Quelle mort minable cela aurait été pour lui. Par contre, il est fortement étonné de la présence du blond. Il se pose réellement la question du pourquoi du comment. C’est simple : que fait-il là ? Il ne semble pas prêt à tous les défoncer de toute évidence, sinon il l’aurait fait depuis longtemps. Là plane un lourd silence, mais l’un des hommes – celui qui est en train de refermer sa braguette – s’approche un peu et brise le silence.

« Ravi de voir que tu es là, Heiwajima-san.
- Ce n’est pas comme si j’avais réellement eu le choix. C’est moi que vous vouliez non ? Maintenant que je suis là, relâchez-le.
- Pas si vite. Il est notre garantie, on ne va pas gentiment le laisser partir et perdre notre unique chance de pouvoir nous venger.
- Quoi que vous vouliez, lâchez-moi bande d’enfoiré !
Peste Izaya qui se voit prendre un centième coup, sa tête heurte violement le sol et l’homme qui est assez proche de Shizuo vole d’un bout de la pièce à un autre.
- E-Eh ! Qu’est-ce que tu crois faire ?! Si tu ne te laisses pas gentiment faire, ton cher ami va voir sa gorge s’ouvrir et il se videra de son sang sous tes yeux, c’est ce que tu veux ?! Non, hein ?! Alors calme-toi tout de suite si tu tiens à sa vie !
- Qui a dit que je tenais à sa vie ?
Izaya observe la scène sans piper mot, n’ayant aussi, pas très envie de se faire encore cogner, mais soupire tout de même. Que voulez-vous exactement ?
- Que tu nous laisses te rouer de coups pour nous venger. Après que l’on soit satisfait, on vous laissera partir.
- … Tu plaisantes, là, j’espère ?
- On a l’air de plaisanter connard ?! Fais gaffe mon vieux, on n’est pas du genre à plaisanter.
»

L’échange s’arrête brusquement là, alors qu’une lame s’appuie sur la gorge de l’informateur qui en a vraiment marre de cette situation peu glorieuse. Il préfère cent fois plus être celui qui tient la lame que celui qui en subit le tranchant. Il lève les yeux au ciel, sachant pertinemment que ce n’est pas ça qui va faire plier le blond, au contraire il est sûrement très content à présent de voir que sa vie ne tient qu’à un fils. Mais oui, bien sûr, la réponse était si évidente qu’il ne l’avait pas compris. Si Shizu-chan est là, c’est juste pour pouvoir assister à sa mort qu’il désire tellement. Enfin normalement ça aurait dû être ça, l’explication de sa présence. Pourquoi avoir voulu qu’il soit relâché alors ? Pourquoi s’informer sur ce qu’ils veulent ? Et, le plus important et le plus surprenant, pourquoi être là à le regarder dans le blanc des yeux d’une façon indescriptible et dont il n’avait jamais vu l’expression pour ensuite poser un genoux à terre, et un second, se soumettant à ces hommes ? Les yeux d’Izaya s’arrondissent comme deux soucoupes devant le spectacle qu’il lui offre à cet instant. Il est perturbé par le comportement de l’ex-barman. C’est une blague n’est-ce pas ? Cela n’y ressemble malheureusement pas. Ou heureusement ? Il ne sait plus que penser. Les hommes s’approchent de lui avec prudence, un restant à côté du brun prêt à lui ouvrir la gorge au moindre faux geste du blond.

Est-ce un rêve ? Un cauchemar ? Une illusion ? Des hallucinations ? Izaya perd complètement la boule. Que penser de l’attitude présente du protozoaire ? L’un des hommes lève le poing et frappe Shizuo qui serre la mâchoire, encaissant parfaitement le coup. Un autre arrive, puis encore un. Et c’est une pluie qui s’abat sur lui dès qu’ils comprennent qu’ils peuvent y aller sans que l’ex-barman ne riposte. Rapidement, le sang coule, de son front, de sa bouche, de son nez. Mais il semble tenir. Il peut encore encaisser. Il n’est pas l’homme le plus fort d’Ikebukuro pour rien. Ce n’est pas un titre pour faire juste joli, surtout que l’homme en question ne l’a jamais demandé. C’est avec ça qu’essaie de se convaincre Izaya. Oui, il se dit que le blond va bien. Même s’il y a de plus en plus de sang, ce n’est pas bien grave. C’est Shizu-chan. Ce n’est pas ça qui va avoir raison de lui. Il n’y a que lui qui puisse le tuer, et inversement. Alors pourquoi, ô grand pourquoi, est que l’informateur tremble de tout son être en regardant cette scène qui se déroule sous ses yeux sans qu’il ne puisse y faire quoique ce soit ? Pourquoi se sentir aussi responsable, coupable, concerné, par tout cela ? L’homme qui le retient lui attrape les cheveux et tire dessus le faisant grimacer. Il lui dit de bien regarder tout ce qui se passe, et de savourer cet instant. C’est en effet ce qu’il devrait faire, et pourtant cela lui ait tout bonnement impossible. Parce qu’il ne sait, ni ne comprend, pourquoi Shizuo fait une chose pareille. Et ce n’est certainement pas pour lui.

Il ne peut plus le supporter, il veut fermer les yeux, et attendre la fin de tout ceci, mais l’homme ne lui laisse pas le choix et l’oblige à tout voir. Il ne veut pas. Oh non, il ne veut pas voir quelqu’un d’autre faire du mal à son Shizu-chan. Ça, c’est son privilège. Il se mord la lèvre et jette un regard noir à son geôlier qui le menace vainement avec son petit couteau. Cela ne l’effraie pas plus que ça. Izaya lui donne un coup de pied sur le tibia histoire qu’il chancelle un peu, voir tombe, et il en profite pour se relever et s’approcher du groupe qui s’affaire à blesser le blond qui crache du sang. Le brun se met à crier toutes les questions qui le démangent à cet instant. Pourquoi est-il là ? Pourquoi a-t-il accepté de venir ? Pourquoi s’être agenouillé devant eux ? Pourquoi se laisser faire de cette façon ? Pourquoi ne pas se défendre ? Pourquoi ? Pourquoi ? A force, il n’a plus de voix. Il reprend sa respiration, sou souffle se faisant court avec toute cette rage – est-ce vraiment cela ? – qu’il venait de faire ressortir d’un seul coup. Alors qu’il est près d’eux, il voit son ennemi juré se relever en un bond et sauter presque dans sa direction. Sous la surprise, Izaya recule d’un pas et comprend trop tard ce qu’il se passe. Quelques gouttes de sang tombent sur le sol. Quelques-unes de plus. Il écarquille les yeux et regarde le blond face à lui, baisse les yeux et voit la blessure qui fait couler ce sang. Shizu-chan l’a protégé et s’est pris le coup de couteau à sa place. Une question de plus se rajoute dans son esprit. Il est complètement perdu. Désorienté. Déstabilisé. Ce n’est vraiment pas un rêve ?

« C’est bon, on a eu ce qu’on voulait, on se tire. »

Peu lui importe. Il ne remarque même pas la salle qui se vide. Il est totalement concentré sur le blond qui s’appuie sur lui à cause de sa blessure qui le fait chanceler. Izaya le regarde s’asseoir par terre et fait de même. Shizuo pose la main sur le couteau toujours en place et n’hésite pas une seule seconde à le retirer, se soutirant un gémissement de douleur. Il balance l’arme plus loin et pose son regard sur celui qui l’a fait venir ici. Le blond a l’air épuisé. Rien de plus normal après ce qu’il vient de subir. L’estomac du brun se serre, se tord, lui fait mal. Il a envie de poser sa main sur son ventre et de serrer son pull entre ses doigts. Il ne se sent pas bien. Et ce n’est pas quelque chose qu’il ressent souvent. Le blond le questionne du regard, se demandant ce qu’il a, en vue de l’expression qu’il affiche. Il se mord fortement la lèvre, que doit-il faire à présent ? Le remercier de l’avoir aidé ? Mais il s’est fait poignardé par sa faute ! Les traits de son visage sont déformés par la peur, la colère, et l’incompréhension. Ravagé par des émotions qu’il ne devrait pas ressentir. Ce qu’il sent à cet instant-là est loin de lui plaire. Il tente de respirer normalement mais rien y fait. C’est alors que Shizu-chan pose sa main sur sa tête et lui frotte affectueusement les cheveux, lui faisant arrondir ses yeux. Oui, c’est ça. Il a complètement perdu la raison. Il n’y a pas d’autre raison possible.

« Pourquoi as-tu fait ça ? Se risque-t-il à demander pour en avoir le cœur net.
- Pour trois, voire quatre raisons.
- Je t’écoute.
Dit-il difficilement, plus que le blond blessé.
- La première est Kasuka. J’étais avec lui lorsque tu m’as appelé, il m’a ordonné de venir sur le champ, au cas contraire, je le regretterais.
- Ah, j’aurais dû m’en douter.
Sourit ironiquement Izaya.
- La seconde est Shinra et Celty. Ils n’auraient pas supporté de te savoir mort, et m’en auraient voulu de t’avoir laissé sans lever le petit doigt.
- … Je vois.
- La troisième, c’est parce qu’il n’y a que moi qui ait le droit de te tuer. Ta vie m’appartient.
Cette phrase fait rater un battement à Izaya qui se retrouve embarrassé sans comprendre exactement pourquoi.
- Et … la quatrième ?...
- Parce que je te hais.
»

Après ça, ils se sont regardés dans le blanc des yeux, l’un très sérieux, l’autre surprit et décontenancé, pendant quelques minutes. L’ex-barman baisse les yeux et remarque quelque chose qui lui fait froncer les sourcils. L’autre lui lance un regard interrogateur, oubliant presque sa condition. Le blond soupire doucement et s’affaire à remettre le pantalon d’Izaya correctement, le reboutonnant, le faisant ainsi rougir, ce qui l’amusa un peu. Izaya ne sait plus que penser. Il n’est pas certain d’avoir bien saisi les paroles de son vis-à-vis. Il ne sait pas bien comment interpréter tout cela. Il est tout secoué par les évènements. Et puis, Shizu-chan qui … est aussi prévisible qu’imprévisible. Cet homme n’est vraiment pas humain. C’est pour cette raison qu’il le hait. Et le voilà à douter de ses propres convictions. Au moment où il se secoue la tête pour se remettre les idées en place, l’autre lui sort un son plaintif, ce qui le ramène au temps présent, se souvenant soudainement dans quel état est le collecteur de dettes. S’inquiétant de son état, il lui dit de soulever la chemise tachée de sang pour voir la plaie en question et une fois les dégâts à peu près évalués, il redresse la tête, un air inquiet sur le visage. Vite remplacé par celle que l’on a lorsqu’on se retient de lâcher quelque chose que l’on ne voudrait pas qu’on voit. De la culpabilité, du remord.

Dans un murmure à peine audible, Izaya dit que c’est de sa faute. Une chose que jamais encore il n’avait fait, ou du moins aussi sérieusement sans se moquer. Là il est sincère. Et cela déconcerte l’homme le plus fort d’Ikebukuro. Mais ce qui lui fait ouvrir grand les yeux, ce sont les larmes d’Izaya roulant sur ses joues. Quelque chose que personne ne peut se vanter d’avoir vu. Quelque chose que personne ne devrait voir. Quelque chose qui est aujourd’hui réservé à Shizuo qui réagir au quart de tour et enserre son pire ennemi dans ses bras, l’étouffant presque dans une étreinte que personne n’aurait pu se douter qui aurait lieu. Izaya n’a pu plus supporter. Voir Shizu-chan se faire passer à tabac sous ses yeux. Voir Shizu-chan se prendre un coup de couteau qui lui était pourtant destiné. Et puis l’entendre donner ses raisons d’être là, à le secourir, plutôt que près de son frangin à rire en toute insouciance, sûrement très heureux du fait de ne plus revoir la face d’Izaya. C’est trop pour lui. Il s’en veut de ne pas avoir trouvé un plan pour s’évader et éviter que tout ceci n’arrive. Il s’en veut pour tellement de chose que toutes les nommer prendrait trop de temps. Maintenant, il a droit à un blond blessé qui le serre dans ses bras, comme s’il était un enfant qui avait fait un vilain rêve. Il se fait consoler par son pire ennemi, le seul qu’il ne considère pas comme un humain et que par définition, il n’aime pas. C’est bon, il abandonne l’idée de chercher quelque chose qui soit raisonnable pour aujourd’hui.

Le seul problème c’est qu’à présent, il n’arrive pas à stopper ses pleurs. Cela ne lui était pas arrivé depuis tellement longtemps, impossible d’arrêter ses larmes. Du moins, il n’y arrivera pas tout seul. Evidemment, c’est là qu’intervient le protozoaire qui se conduit en héro aujourd’hui. Il recule légèrement puis pose ses mains sur les joues d’Izaya qui lui donne toute son attention malgré qu’il ne puisse voir très bien avec les larmes qui lui brouillent la vue. Cela ne l’empêche pas de le voir rapprocher son visage du sien, assez pour pouvoir plaquer ses lèvres sur les siennes sans la moindre délicatesse. Après tout, cela restera toujours Shizuo Heiwajima. Mais là c’en est un qui embrasse la dernière personne à qui on penserait. Ce geste choque tellement Izaya qu’il en reste bloqué, il ne réagit pas, ne le repousse pas, n’y répond pas, mais ne pleure également plus, ou presque. Il n’en reste pas là, et lèche la lèvre inférieure du brun qui ne résiste pas lorsque cette dernière se fraye un chemin entre ses lèvres pour venir caresser la sienne et les entraîner dans une danse endiablée et pleine de passion. Izaya se dit que finalement, il n’a pas besoin de sa raison. Pas pour cet instant qu’il n’aurait jamais imaginé se réaliser un jour. Ils se goûtent l’un l’autre, se défient, tentent de prendre le dessus sur l’autre, et ne s’arrêtent qu’une fois le besoin de respirer devenu trop important. Shizu-chan semble tout à fait calme après ce baiser échangé, tandis que l’autre est aussi rouge qu’une tomate. Il reste silencieux et semble le prendre une nouvelle fois dans ses bras, mais ne le fait que pour défaire les liens des poignets du brun. Ce dernier se les masse une fois fait et que le blond se soit reculé pour lui laisser de l’air et le temps de reprendre ses esprits surtout.

« Je vais envoyer un message à Celty qu’elle te ramène à Shinra pour qu’il te soigne ! »

Il veut surtout ne pas penser à ce qu’il venait tout juste de se produire et qui lui empourprait incroyablement les joues. Qui aurait pu penser qu’Izaya, le grand informateur et gros méchant sadique se conduirait de cette façon pour un simple baiser ? Eh bah pas Shizu-chan qui le regarde avec un air ébahi mais amusé, et presque attendri. Sûrement les coups qui lui ont retourné le cerveau. Si jamais il en a eu un, un jour ! En tout cas, Izaya s’empare de son téléphone qui jonchait le sol un peu plus loin, et envoie un message d’urgence à Celty pour qu’elle se ramène en moto ou en tout ce qu’elle veut tant qu’elle peut prendre Shizu-chan avec elle pour le soigner. Il s’est pris un coup de couteau après tout, son cas est urgent, même si en le regardant, on ne se doute pas qu’il est dans un tel état. Une fois la réponse positive reçue, il range son portable dans son manteau et s’approche du blessé et passe son bras sous son épaule l’aidant à se relever, lui disant qu’il faut au moins qu’ils sortent de l’immeuble pour que la Dullahan puisse le prendre. L’homme plus grand s’appuie sur le brun et fait fonctionner les muscles de ses jambes pour avancer. De là, aucun mot n’est échangé, tout du moins, pas avant que les escaliers soient descendus.

« Nee, Shizu-chan.
- Hm ?
- M… M-Moi aussi, je te hais.
»

Son visage vire au rouge sous l’embarras, et le sourire presque satisfait du concerné ne lui rend pas la tâche plus facile pour cacher sa gêne. Avec ça, il est certain qu’ils se sont compris. Il ne sait pas du tout sur quel chemin ils vont, mais une chose est sûre : ils y vont. Il ne sait pas ce qui va résulter de tout cela, mais qu’importe pour le moment. Ils arrivent enfin à la sortie de l’immeuble, et au même moment la cavalière sans tête arrive sur son fidèle destrier changé en moto pour s’adapter au nouveau monde dans lequel elle évolue. Elle semble paniquée mais les deux la rassurent bien vite. En fait, la chose qui la choque le plus est la proximité des deux et le calme qu’il y a. Puis les joues rouges d’Izaya. Quelque chose s’est passé, d’important, d’incroyable, mais elle ne sait pas quoi, et ça l’embête. Elle est curieuse. Mais ce n’est pas la priorité. Elle tapote sur son portable que Shizuo doit monter derrière elle, ce qu’il fait avec l’aide du brun et de la sienne. La seule femme du groupe regarde Izaya et lui dit à travers son téléphone qu’il est blessé aussi, il devrait également venir. Ce dernier lui fait remarquer qu’il n’y a pas de place pour trois sur sa moto. Alors la Dullahan lui promet de revenir dès qu’elle aura déposé Shizuo chez Shinra. Il acquiesce. Il lui dit de prendre soin du blond, à son plus grand étonnement, mais elle hoche la tête et enfourche sa moto, prête à prendre la route. Juste avant qu’elle n’appuie sur la pédale, le blond redresse la tête et pose son regard chocolat dans celui rubis de l’autre blessé bien que plus légèrement. Il va avoir du mal à se faire à ce regard qui n’est plus le même qu’avant, et ce petit sourire en coin qu’il affiche alors que c’est à Izaya qu’il s’adresse. Son visage est doux, alors que sa phrase, assez drôle pour soutirer un léger rire au brun qui leur fait signe de la main alors qu’ils filent.

« Je t’avais dit de ne pas revenir à Ikebukuro, Izaya-kun. »
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